AZ'67 ALKMAAR - FC SOCHAUX (3-2)

LE LION NE VEUT PAS MOURIR CE SOIR !

En ce printemps 81, la France se remet à croire à une nouvelle épopée Française en coupe d’Europe : Après Reims, Saint-Etienne et Bastia, Sochaux sera t-il le 4éme Club Français (seulement) à atteindre une Finale ?

Les Lionceaux aussi. «  Tous les matchs qu’on a eus depuis le début de cette aventure étaient difficiles, face à des équipes renommées, avec une meilleure cote que nous. Qu’on le veuille ou non, on était le petit poucet de la compétition, mais quand on bat Francfort, on se dit qu’il n’y a pas de raison qu’on n’aille pas jusqu’au bout » , se remémore Djaadaoui

Le match nul décroché par les Hollandais au Stade Bonal les place dans une situation favorable, un 0-0 ou une victoire par le plus petit écart les qualifie.

AZ’67 fait figure d’épouvantail. L’accès à la finale ne sera pas une mince affaire, les Kaaskoppen possédant dans leurs rangs de nombreux internationaux néerlandais (Hovenkamp, Metgod, Kist, Peters) et « la patte gauche merveilleuse du Danois Nygaard » , dixit Revelli. 

À l’heure d’affronter les Lionceaux, l’AZ est encore invaincu en championnat des Pays-Bas, ayant notamment infligé un 5-2 à Feyenoord. « Cette saison-là, Kees Kist marque 34 buts, met des frappes à 114km/h ! Et sur ces 34 buts, 26 des passes décisives viennent du pied gauche de Kristen ! » rappelle… Kristen Nygaard himself !.

 

« À l’époque, on ne se souciait pas de l’adversaire qu’on avait en face de nous. On jouait en 4-4-2 en essayant d’appliquer le football total. On était assez sûr de nous-mêmes pour ça.

Notre force, c’était surtout qu’on jouait ensemble depuis dix ans. Quand le président Cees Molenaar m’a fait venir au club en 1972, je suis arrivé la même semaine que Kees Kist.

Il nous a dit : “Vous verrez, dans dix ans, on gagnera tout !” Neuf ans plus tard, il a eu raison. On se sentait invincibles, on savait que personne ne pouvait nous battre. »

Et pourtant, le FC Sochaux n’est pas loin de faire vaciller la confiance des Bataves.

À Bonal, l’équipe du visionnaire René Hauss fait 1-1, et ce, malgré un effectif « pas mal abîmé, un peu cramé, notamment en défense  » , selon Revelli, conséquence d’une lutte contre la relégation en championnat.

Le tendon d’Achille d’Abdel Djaadaoui lâchera d’ailleurs à la 48e minute du premier match contre l’AZ. 

L’Algérien fondra en larmes. « C’était la fin de championnat, donc les organismes commençaient à être fatigués. Moi, j’avais fait plusieurs matchs avec la sélection algérienne en plus, donc j’étais un peu surmené. 

Ça n’a pas loupé… J’avais trente-quatre ans, un âge assez avancé pour le foot, j’arrivais en fin de contrat, j’avais fait une belle saison, donc j’espérais autre chose  » , évoque celui qui est aujourd’hui recruteur pour le club jaune et bleu. 

Mais Revelli et les autres n’y voient pas un signe du destin : « Quand Djaadaoui se blesse, on a envie d’aller au bout pour lui. Il nous reste encore un match et surtout, on avait déjà su renverser la vapeur contre Boavista en seizièmes en faisant 2-2 à l’aller chez nous pour finalement gagner 1-0 là-bas. Mais bon, contre Boavista, on était au complet en défense. »

qui pour jouer arriere-droit ?

Pour le retour à l’Alkmaarderhout, Sochaux doit faire avec des économies de bouts de chandelle : Djaadaoui absent, donc, mais aussi Bezaz et Anziani. « Ça commençait à faire beaucoup. L’entraîneur a dû changer son équipe en mettant Ivezić à ma place et Patrick en arrière droit. Ivezić, c’était un milieu relayeur créatif, pas un défenseur central. Il avait l’expérience, mais ça ne suffisait pas. Ça a un peu changé la donne  » , précise Djaadaoui. 

Les rookies Romain Zandona ou Thierry Meyer débutent également la rencontre. 

C’est pourtant Genghini qui surprend l’AZ ’67 en ouvrant le score dès la 9e minute. 

Mais les Kaaskoppen ont changé leur tactique par rapport au match dans le Doubs. « On a joué sans libéro, poste habituellement occupé par Johnny Metgod. Au lieu de ça, il s’est retrouvé à circuler entre la défense et l’attaque.

À un moment, il fait un une-deux avec moi, je lui lève la balle en lobbant toute la défense. Metgod arrive devant le gardien de Sochaux et lui aussi met un lob. C’était presque naturel. Il aurait pu y avoir dix joueurs dans la surface, on aurait réussi l’action » , se souvient Nygaard le passeur.

Égalisation. La machine alkmaaroise est en marche : Jonker puis Peters portent le score à 3-1. Sur le dernier but de l’AZ, ce sont l’inexpérience en défense d’Ivezić et les jambes lourdes du briscard barbu Posca qui permettent au milieu néerlandais de marquer. Mais à la 80e minute, Thierry Meyer réduit la marque. «  Là, on sort toutes voiles dehors ! On y va avec la fleur au canon ! » s’extasie Revelli. 

Les Sochaliens jettent leurs dernières forces dans la bataille. Trop tard. Les Néerlandais, roublards, cassent le jeu en commettant des fautes aux quarante mètres. Ceux qui avaient joué la montre face à Francfort se font finalement prendre «  à l’expérience » dixit Revelli.

 

Mais visiblement, le vrai fautif de ce soir du 22 avril 1981 était en noir et s’appellait M. Rainea. 

« On perd 3-2 finalement avec, je dirais, quelques erreurs d’arbitrage en leur faveur. Sur le deuxième but de l’AZ, il y a une remise de la main et en fin de match, l’arbitre oublie de siffler un penalty après une faute sur Thierry Meyer. Mais vous savez, à l’époque en Coupe d’Europe, ça bricolait pas. Si on en rajoutait trop, c’était carton rouge et puis dehors !, rembobine Revelli. Sans ça, on faisait 3-3 et on se qualifiait pour la finale. » D’après Abdel Djaadaoui, les erreurs arbitrales en faveur de l’adversaire néerlandais avaient débuté dès le match aller à Auguste-Bonal.

 « Le seul but qu’on prend… Sur le dégagement, l’attaquant de l’AZ est quinze mètres derrière tout le monde. On en a discuté avec les coéquipiers et on pensait tous qu’il était hors jeu parce qu’il n’a pas pu partir derrière nous et arriver aussi vite devant le but, croit savoir l’ancien défenseur algérien. Sincèrement, je n’aurais jamais imaginé qu’on aille aussi loin en Coupe UEFA, mais on l’a mérité, ce parcours, on s’est accrochés pour ça. Je pense qu’on méritait d’aller en finale » , termine Revelli.

En lieu et place, Sochaux rentre le visage long dans le Doubs pour affronter les ogres Monaco, Nantes, Saint-Étienne et Lens et tenter de sauver sa saison 1980/81. Dur retour à la réalité.

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