Stade Lavallois - Dynamo Kiev (1-0)

Laval sort, à l’été 1983 d’une saison aboutie et maîtrisée, mais a perdu 4 de ses “tauliers” (Tempet, Zvunka, Krause et Redon) et nul ne sait comment l’équipe Mayennaise va se comporter pour cette nouvelle saison (1983-1984).

A la surprise générale, l’équipe joue libérée et se trouve animée par une “bande de jeunes” qui ont pris le pouvoir sur le terrain ( Jean-Marc Miton, Loïc Pérard, Michel Sorin, Éric Stéfanini, Thierry Goudet…).

Mais avant de monter dans l’avion pour Moscou, le Stade lavallois sait qui il est. « Oui, rigole aujourd’hui Loïc Pérard, mais on sait surtout qui est le Kiev de Blokhine ! Ces mecs-là étaient tous internationaux et on allait se faire manger. On arrive là-bas dans le contexte soviétique, gens craintifs, l’armée partout, un stade immense… »

Oleg Blokhine...et les autres !

Oleg Blokhine, l’extra-terrestre rouge, ballon d’Or en 1975 (mais contré par Christian Lopez, on en reparlera à l’occasion d’un autre match mythique)  n’est en effet pas le seul homme fort de la formation Ukrainienne (soviétique de l’époque).

Bal, Demyanenko, Kuznetsov…les noms de joueurs soviétiques réputés ne manquent pas !

Mais en Russie, les Lavallois vont résister et il n’y aura pas de débacle.

Les “Tango” font front, Jean-Michel Godart, le gardien, poings levés. À Laval, tous les commerces retransmettent les commentaires de Thierry Ruffat, la voix de Radio Mayenne. 0-0. « Un miracle, déjà », dit Pérard

Le Miracle va laisser place à l’espoir et ce match va mettre le feu à la douceur habituelle de la Préfecture Mayennaise !

Au retour, quinze jours plus tard, la ville ne vit plus que pour ce match.

La France du Football a des yeux passionnés  rivés sur la capitale mayennaise.

À 16 h, les ouvriers désertent les entreprises. 16 500 personnes se présentent au stade Francis-Le Basser,  avec leur billet et certains même avec leur escabeau (impensable aujourd’hui !).

En route vers l’exploit ?

En ce 28 septembre, sur le coup de 20h45, la France du foot se passionne pour cette équipe inattendue, qui va dominer assez largement, malgré le monde d’écart sur le papier, des ukrainiens qui bafouent leur football.

Appliquant avec beaucoup de maîtrise les conseils du rusé Michel Le Millinaire, Laval va conduire le jeu, avec enthousiasme et conviction.

Le système mis en place et les consignes vont bousculer l’imagination Soviétique.

Laval avance, vivement mais sans excés, se préservant des contres possibles de l’adversaire.

Rabier, Souto et Sené troublent souvent la lourde défense Ukrainienne.

A la 34éme minute…

LA 34éme MINUTE...!

Les défenseurs russes éprouvent de vraies difficultés à contenir les initiatives Lavalloises avec un Souto très en vue, un Stéfanini sur l’aile gauche et un Omar Sené puissant.

A la 33éme minute (34 pour les puristes), Sené se débarasse de son défenseur sur le côté droit, repique vers l’intérieur et déclenche un centre en direction de l’Allemand Jank dans la surface Russe.

La tentative de l’attaquant est râtée mais  trouve la tête de José Souto qui réussit à la prolonger au fond des filets de Mikhaïlov !

Au plus fort de sa domination, Laval prend l’avantage et le Stade sombre dans une euphorie exceptionnelle (qui résonne encore ?).

Aucun des Lavallois, joueurs comme supporters n’avaient imaginé qu’après 124 minutes de jeu, l’équipe pouvait être en position de se qualifie.

Il faut tenir maintenant.

La mi-temps est atteinte sur ce score.  On se met à rêver dans les Tribunes de Le Basser.

La physionomie de la seconde mi-temps allait être différente.

Eliminés virtuellement à ce moment du Match, les Ukrainiens se devaient de se livrer plus franchement.

La pression avait changé de camps, et les Tangos se retrouvaient alors dans un contexte de match identique à celui connu 15 jours auparavant. Ils vont souffrir.

Solidaires et vigilants, acculés sur leur but et obligés de défendre, les lavallois ont taclé, se sont engagés et malgré d’ultimes instants difficiles pour les anxieux, et sur un dernier arrêt de Godart, l’arbitre délivrait enfin les acteurs sur et en dehors du stade !

 

C’est du délire dans le stade et malgré les forces de l’ordre, la pelouse est envahie par des supporters qui se jettent sur des joueurs qui ont bien du mal à rejoindre les vestiaires !

“On a gagné ! On a gagné !” le Stade est en feu, la ville, si tranquille d’habitude résonne déjà de centaines de coups de Klaxons.

 

Michel Le Millinaire (Ent.Laval) : “C’est fabuleux ! On ne sait plus quoi dire après un tel match et surtout une telle issue. Mes joueurs ont déployé un football de qualité pendant près d’une heure qui n’avait rien à envier aux joueurs de Kiev. Nous nous sommes battus avec notre coeur et nos tripes. Il nous faudra quelques jours pour comprendre la portée de l’événement”

Jean-Michel Godart (Gardien.Laval) : “Nous sommes peut-être les Smicards de la 1ère division mais nous avons su nous défoncer. Nous avons tenu jusqu’au bout l’équipe, soutenue par ce public fantastique !

“Ils nous ont pris pour des Schroumpfes. On les a schroumpfés !”

José Souto (Buteur) :” J’ai eu un peu peur en fin de match car l’équipe s’est un peu affolée, notamment sous le coups de la fatigue (…) ça ressemblait un peu à une bataille de tranchée. Mon but me fait plaisir, ce n’est pas mon plus beau but mais il est important puisque assurant notre qualification.”

(José Souto est décédé à l’approche de ses 60 ans en Janvier 2019)

Michel Hidalgo (Sélectionneur National et présent dans les tribunes): « Laval avait démontré, avec ses moyens et sérieux, du cœur et du talent et qu’on pouvait arriver à rivaliser avec des équipes comme Kiev et décrocher une qualification qui, finalement, n’est pas un miracle ! »

A bon entendeur….

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