PSV EINDHOVEN - ASSE (0-0)

En route pour Glasgow !

Demi-finale de la coupe D’Europe des Clubs Champions. Les verts peuvent offrir 17 saisons après le Stade de Reims, une place en Finale à un Club Français.

Les Verts n’ont qu’un seul but d’avance et de l’avis de beaucoup cela va être mince pour se rendre chez l’Ogre  Hollandais. 2ou 3 buts auraient été mieux !

Mais les Verts n’en sont plus à une gageure près. Ils veulent croire, collectivement, que le coup est jouable. Non sans raison ?

C’est donc à Eindhoven que tout va se jouer.

C’est là-bas que l’ASSE devra construire sa qualification. Tout est encore à faire. Tout est encore possible. Sur le plan strict du résultat, Sainté n’a pas failli. 

La victoire à l’aller était nécessaire pour conserver l’espoir mais l’essentiel est, comme d’habitude de ne pas concéder de buts sur son terrain : “C’était en fait notre véritable objectif, et je préfère de loin ce 1-0, à 2-1 ou même 3-1”, commentera Curkovic. Le Yougoslave naturalisé Stéphanois !

UN SEUL BUT D'AVANCE !

Le Saint-Étienne de l’époque, c’est une âme, un esprit, une unité… Et c’est au nom de l’esprit qu’on se renforce mutuellement dans la conviction que le coup est jouable. 

Les Hollandais, qui ont pris l’habitude de dévorer quiconque se présente sur leur terrain mascotte d’Eindhoven (le grand Ajax en a conservé un souvenir cuisant en championnat) sont particulièrement confiants avant la venue de l’ASSE et ne pensent pas qu’ils puissent être contrariés dans leurs ambitions.

Dans les rues, les supporters du PSV, goguenards, arrogants, accostent leurs homologues stéphanois et leur montrent main ouverte: PSV 3-0 ASSE. Les partisans français, qui font grand tapage, se contentent de hausser les épaules mais ils ne sont pas très rassurés.

Saint-Étienne est maintenant aux portes de la finale de la C1.

A 90 minutes près ou à 120 dans le cas d’une prolongation. Deux heures pour la gloire. L’ASSE encore une fois embarquée dans un voyage pour l’impossible. Un but d’avance à préserver et faire fructifier face au PSV. Une magnifique dramatique pour 21.000 spectateurs hollandais, quelques milliers de supporters français qui ont effectué le déplacement et quelques millions de téléspectateurs.

Le stade d’Eindhoven n’a rien à voir avec les cathédrales de béton du football européen: Glasgow, Munich, Londres, Madrid, Milan, etc… C’est un écrin, un petit joyau, avec ses lumières blanches et crues, qui donnent à la pelouse une allure de tapis synthétique. Et l’on découvre cette petite horloge électronique accrochée au toit métallique d’une tribune, à l’aplomb du rond central.

Pour Saint-Étienne, le contre-la-montre commence à 20H30.

10 jours sans match, dit Robert Herbin , c’est probablement trop. Les joueurs ont également payé leurs efforts de la 1ère mi-temps. 

Ils ont été désorientés dès la reprise par les modifications tactiques de leur adversaire. 

Le match retour se présentera mieux: nous aurons une semaine de préparation après un match de championnat contre Troyes. 6, 7 jours, c’est la bonne distance. Utile aussi: le magnétoscope. A Amsterdam, nous avions filmé dans de mauvaises conditions“.

Dominique Rocheteau et Gérard Farison lancent le match avec un tranchant et une détermination qui en disent long sur les intentions des Verts. Tout de suite, le combat est acharné, impitoyabe. On se bat, à la loyale, aux quatre coins du terrain. La réplique néerlandaise est terrifiante.

Dans les premières minutes, la défense stéphanoise forme un camp retranché. C’est d’abord un tir de Willy Van de Kerkhov sur lequel Curko se détend: corner.

30 secondes plus tard, Ralf Edström, l’immense Suédois qui fut une grande figure de la Coupe du Monde 1974, s’extraie de la masse et place une superbe tête. Nouvelle envolée de Curkovic qui repousse des deux mains. Deux arrêts capitaux.

Après coup, Curko avouera: “Je me sentais léger ce soir-là, terriblement sûr de moi… Je crois beaucoup à la transcendance des êtres. A Eindhoven, j’ai compris immédiatement qu’il n’arriverait rien de grave à Saint-Étienne. Bien au contraire…

curko ? ROYAL !

La suprématie des Hollandais est complète, totale, et l’on s’attend à l’égalisation rapide sur l’ensemble des deux matches.

Pourtant, rien ne vient, même si le PSV, faisant penser à l’élan irrésistible de l’équipe nationale des Cruyff, Neeskens et Rep dans la dernière Coupe du Monde, pratique bien le football total si cher à Stefan Kovacs, l’ancien entraîneur de l’Ajax.

Mais l’ASSE aussi pratique son football total et brise où il faut et quand il faut les offensives élaborées depuis l’arrière.

Mieux, à la 30e minute, les Verts s’offrent une occasion franche et nette d’ouvrir la marque. Patrick Revelli transmet à son frère Hervé qui détourne fort habilement sur Rocheteau, dont le tir rase le montant du but de Van Beveren. Rocheteau plonge son adversaire direct, Deyckers, dans l’embarras permanent.

Ne s’affolant jamais, pensant le jeu à la perfection, utilisant très adroitement le piège du hors jeu, l’ASSE s’oppose avec intelligence aux assauts désordonnés, impétueux des joueurs de Rijvers.

Surpris, gêné en effet par la puissance collective des Verts, le PSV, ne sait plus très bien comment agir. Attaquer bien sûr, mais défendre aussi car Rocheteau, sur talonnade de Hervé Revelli, vient de placer un tir fulgurant juste à côté du montant. La maîtrise technique des Stéphanois fait merveille.

Curko est royal et Rocheteau, par ses percées rageuses, saccadées, balle rivée au pied, constitue un danger permanent pour la défense hollandaise. 

Mobilisant constamment deux arrières dont Deyckers, redoutable contre-attaquant, il ne permet pas au PSV de s’exprimer avec son aisance habituelle dans le jeu d’attaque. 

Juste avant la mi-temps, Edström, très en vue par ses prodigieux coups de tête et ses remises dangereuses, est touché au visage sans que les observateurs ne prennent véritablement conscience de la dureté de ce coup. De son côté, Patrick Revelli expédie un tir formidable qui prend le chemin de la lucarne. L’excellent Van Beveren se détend en deux fois et détourne miraculeusement.

0-0 à la mi-temps, c’est la moitié du chemin vers la finale, mais on se doute que la PSV n’a pas l’intention d’abdiquer si rapidement.

 

Surprise en seconde mi-temps: Edström, qui avait été touché à la 15e minute dans un choc avec Curkovic, ne réapparait pas sur le terrain. 

C’est l’Anglais Deacy, le joker de Rijvers qui fait son entrée sur le front de l’attaque. Et l’on repart pour 45 minutes de duel sans merci.

Saint-Étienne paraît déterminé à aller jusqu’au bout de son aventure. Les Verts ne se sentent pas le droit d’échouer à une portée de la finale. Survient alors la fausse joie de la 49e minute.

Hervé Revelli, en position d’ailier droit, centre pour Rocheteau, dont le tir instantané, percute la transversale avant de mourir dans le but de Van Beveren. Rocheteau lève les bras, Hervé Revelli se précipite vers le banc de touche, étreint longuement Pierre Garonnaire qui a jailli sur la pelouse.

Mais l’arbitre anglais, M. Taylor, refuse le but. Il a vu, et il est bien le seul, Rocheteau en légère position de hors-jeu.

Après cet exploit mal payé, Rocheteau blessé quitte le terrain, remplacé par Christian Sarramagna. Ce double coup du sort peut être de nature à traumatiser l’ASSE. Elle y puise au contraire des ressources nouvelles. Dès lors, le match ne vaut plus que par la tension extrême qui pèse sur les 5 dernières minutes. Les Verts ont l’oeil aimanté par la fameuse pendule qui crachote des minutes et des secondes qui semblent interminables.

10 fois, Ivan Curkovic est menacé d’être battu. 10 fois, il se brûle les doigts sur des ballons de but mais il brûle les illusions du PSV. L’arbitre siffle enfin. Saint-Étienne en finale !!!!! 17 ans après le Stade de Reims….

A Eindhoven, Roger Rocher a entamé des pas de danse sur la piste de l’aéroport. L’ambiance est plombée dès le retour à Saint-Etienne : des supporters surexcités sont venus fêter le retour de l’équipe et la cohue tourne au drame quand une hélice de l’avion décapite l’un d’entre eux. Les joueurs, qui avaient prévu de fêter leur qualification, s’en vont profondément marqués par ce qu’ils viennent de vivre.

 

La feuille de match
Mercredi 14 avril 1976 – Coupe d’Europe des Clubs Champions – Philipsstadion (Eindhoven, Pays-Bas)
Demi-finale retour: PSV Eindhoven 0-0 ASSE 
Spectateurs: 22.000 – Arbitre : M. Taylor (Angleterre)

PSV Eindhoven: Van Beveren – Krijgh, Stevens, Van Kraay, Deyckers – W. Van de Kerkhov, Poortvliet, Van der Kuylen – R. Van de Kerkhov, Lubse (Dalqvist 73e), Edström (Deacy 46e). Entraîneur: Kees Rijvers
ASSE: Curkovic – Janvion, Piazza, Lopez, Farison – Larqué, Bathenay, Synaeghel – Rocheteau (Sarramagna 55e), H. Revelli, P. Revelli (Santini 76e). Entraîneur: Robert Herbin

 

 

0 Commentaires

Laisser une réponse

©2020 FOOTEUX D'AVANT Un site du groupe DFC

Contactez-nous

Nous sommes partis faire un Foot ! Nous revenons vers vous très rapidement !

En cours d’envoi